Le voyage

Un été (avec toi)

Te souviendras-tu, quand tu seras plus grand, plus vieux, plus âgé, de ce bel été 2017 ? Te rappelleras-tu de ce mois de juillet passé à Paris, de ce mois d’août à vadrouiller en Europe ? Qu’en sera-t’il des rencontres, des rires, des pleurs, des joies et des peines, de nos balades, de nos arrêts, de nos escapades ? Pour toi et pour moi pour ne pas (déjà) oublier, voici donc nos mémoires estivales, d’ici et là.

En la Capitale ensoleillée

Tout ce mois de juillet, alors que ta Grande Sœur était partie sous les cieux bretons, je n’ai eu de cesse de nous faire sortir et de nous faire explorer encore et toujours la Capitale. Comme je ne te conçois pas une enfance enfermé entre quatre murs et comme je dois continuer à travailler quand même, j’ai choisi de te trimbaler aux quatre coins de Paris. Dans mes bras, à pieds, en poussette ou sur mon dos, tu m’a suivi, encore et encore, sans te plaindre, sans pleurer et, à vrai dire, sans tout toujours comprendre.

 

Chaque matin, c’était un nouveau voyage, une nouvelle idée, un nouveau projet. Du haut de tes deux ans, avec ton petit chapeau, tu lançais un « On y va, Papa ? » sonore et enthousiaste, la plus belle des motivations possibles. Et on allait donc, des berges de la Seine au Zoo des Vincennes, de quelques musées méconnus aux hauteurs du Panthéon : redécouvrir une nouvelle fois ma ville sous un autre angle et en profiter pour t’observer, en douce, regarder tes émotions, ton ressenti. Les balades entre Père et Fils sont un extraordinaire laboratoire rempli d’hypothèses, de non-dits, d’interrogations muettes. Savoir quand s’arrêter, où le faire, aménager des temps de repos pour tous les deux, privilégier toujours l’ombre à la lumière : je continue à en apprendre. Cependant, au bout de ces expériences, la récompense est centuple : te voir heureux, épanoui, souriant et riant, avoir l’impression d’être là comme il le faut.

L’Irlande n’aurait pas été aussi belle sans toi.

Puis, comme c’était prévu, nous sommes partis vers des nouvelles aventures alors que s’en venait le mois d’août. Deux nouveaux pays à explorer pour toi qui aime ça et en redemande encore : la verte et belle Erin et le douce terre de Flandre. Tu as ainsi pu, ô chanceux que tu es ! – faire tes premiers pas à Dublin ma bien aimée, errer dans Trinity College, devenir à moitié fou d’excitation à EPIC, jouer à cache-cache dans les chambres des hôtels et courir après tes copains dans les pubs parsemant la Wild Atlantic Way. Il faut croire que tu as aimé autant que moi, autant que nous, cette découverte de l’Irlande nordique, de cette province du Donegal si mystérieuse, si attrayante, si formidable. Ton sourire à chacun de nos arrêts, tes petits hurlements de plaisir en voyant des moutons et tes courses folles à poursuivre ta sœur sont des souvenirs précieux que nous chérissons déjà avec ta Maman.

Je crois que je n’oublierais jamais ces premières minutes là-haut, cette main serrée fort alors que nous avancions, toi et moi, sur les chemins pierreux et solitaires. Une tête de mouton, une touffe d »herbe, un vent doux et le panorama qui se déroulait devant nous. Ton visage levé vers moi, ton regard interrogatif, la caresse de tes doigts sur ma peau et ma fierté, immense, infinie, éternelle. J’ai tutoyé le bonheur en face à face.

Il n’y a pas que cela : il y a aussi cette bonne humeur naturelle que tu dégages, cette aura qui semble briller autour de toi, contagieuse, aimantée. Où que tu ailles, tu fais sourire, rire. Tu sais apaiser et faire soupirer les gens d’aise. Tu accroches les regards et tu en ris. L’innocence incarnée et distribuée à pleine mains, en toute inconscience.

De voiture en avion, de bateaux en train, de Dublin à Sligo : ce voyage #EireWeGo fut simplement fabuleux. Il le fut d’autant plus que tu étais avec nous et que, sans toi, il n’aurait pas été aussi beau.

Terre de Flandre

Parce que l’occasion était trop belle, nous en avons profité pour partir un tout petit plus haut, un tout petit peu moins loin, dans un coin pourtant tout aussi bien : en Belgique, en Flandre, à Malines et à Bruxelles. Un voyage sur un coup de tête, un coup de dés, un coup d’envie, un nouveau pays sur ta liste de Petit Vadrouilleur et deux nouvelles villes à rajouter à ton calepin des découvertes !

36 heures à Malines l’inconnue, la belle, la révélée, la découverte. Deux journées à Bruxelles, pour retrouver nos amis, t’en présenter de nouveaux et te voir arpenter les ruelles de la capitale belge.  Un séjour bref, intense, exigeant et fleuri, placé sous le signe de l’amour, des retrouvailles, des frites, du chocolat et de la bière. Nous avons revu Alexandra et Rémi,  tu as rencontré Noah. Vous avez joué, couru, ri et ri encore. Et puis, quand nous nous sommes quittés, ta petite voix triste s’est élevée pour demander « L’est où émi ? Il est parti émi ? »

C’était un été avec toi, un été de voyages, un été de bonheur, un été qui était, qui n’est plus mais qui sera. C’était deux nouveaux mois avec toi, avec moi, entre nous, avec eux. C’était simple, beau, éphémère et éternel à la fois. C’est ta vie qui se déroule, c’est ma vie qui s’éblouit, ce sont nos existences qui se construisent.

A très vite mon fils !

 

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