Ma France

Se battre (pour toi)

Ce week-end, la France a voté et la France, par la voix de ses électeurs, a choisi de faire passer au second tour de l’élection présidentielle une candidate d’extrême-droite. En 2002, alors que tu n’étais encore qu’un très lointain projet, à peine effleuré et pas du tout programmé, la foule avait envahi les rues, criant sa colère, sa honte, son dégoût.

Aujourd’hui ?

Cette année – et ces mots me blessent – les réactions sont anémiques. Les votants se déchirent entre eux, les acccusations de trahison volent d’un bord à l’autre et personne (ou presque) ne semble relever cette anomalie majeure que constitue la banalisation de la Haine, du rejet, de l’entre-soi. Encore pire que tout, cette accession apparait au yeux de certains comme légitime et normale. Comme si c’était dans l’ordre des choses de voir la deuxième étape du plus grand rendez-vous de notre démocratie souillée, amochée, empuantie !

Tu n’es pas bien sur pas en âge de comprendre les tenants et les aboutissants de cette situation. Du haut de ta vingtaine de mois, ton Univers est encore empli d’Amour, de jeux, de sourires et de pleurs. Tu jettes un oeil à peine étonné sur cette boite à images qui trône dans le salon et qui a confirmé, à 20 heures dimanche soir, notre plus grande peur, à ta mère et moi : te voir grandir dans un pays malade, défaillant.

Et demain ?

Je ne sais pas ce que demain va réserver. Je suis dans l’incapacité de deviner ce qui se dessine à l’horizon, là-bas, très loin. Je me contente de rassembler mes forces et d’espérer des jours meilleurs en continuant à partager avec toi et ta soeur des notions d’ouverture sur l’Autre, de respect, de compréhension. En te faisant voyager dès ton plus jeune âge, en t’exposant au monde qui t’entoure et dans lequel tu te déplaces de mieux en mieux, j’espère te faire comprendre l’importance de l’empathie, de la compréhension d’Autrui, de la Justice.

Un mien ami a partagé recemment un très beau texte, où il exprime, avec ses mots, son désir de mener un combat au quotidien, avec et pour ses enfants. Il parle avec justesse de cette volonté de se battre à son échelle, avec ses moyens, pour bâtir quelque chose de différent, de meilleur. Quand tu seras plus grand, peut-être discuterons-nous de ce week-end d’avril. Peut-être auras-tu des questions, demanderas-tu des réponses, des explications, des justifications.  Peut-être seras-tu en colère, en larmes, triste ou – bien au contraire – plein de joie de rires. J’ai peur de ce moment, de ton regard et de ma capacité à te renseigner, à t’enseigner.

Et après-demain ?

En attendant, d’ici là, nous avancons dans le brouillard, en essayant de voir plus loin que le bout de notre nez. Nous tentons modestement de te préparer le meilleur des avenirs, la plus facile des avancées. Nous continuons à croire en les valeurs de notre pays, de notre République, à ne tenir rien pour acquis et à profiter de chaque moment à tes côtés.

Je te donne donc rendez-vous, à toi et à ta Génération, dans dix ans, pour le meilleur et sans le pire !

1 pensée sur “Se battre (pour toi)”

  1. Chacha Aventurière dit :

    Le monde ne tourne plus rond, çà déconne de partout, 68 c’était il y a bien longtemps (j’ai pas connue 68, je suis née peu après).
    Les gens sont blasés, fatigués et nombrilistes.C’est triste, mais d’un triste ma pauvre suzy… l’argent, moi, l’argent et moi… pfff
    Ton fils, et pitchoune ont de la chance d’avoir des parents ouverts d’esprits, qui les ouvre au monde. Un monde qui n’arrêtera jamais de tourner, parfois en dépit du bon sens mais ceux sont des parents comme vous qui nous laisse espérer que les futurs générations peuvent encore avoir espoir en l’avenir.

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