Pensées de Papa

Tout ce qui a changé

Deux ans. Quasiment 730 jours ou encore 17 320 heures passées sur cette Terre, à nos côtés, depuis que tu es arrivé, un soir de juillet et que tu as bouleversé, de la façon la plus absolue, nos vies. J’ai déjà parlé de ces changements, profonds, granitiques, qui ont suivi ta naissance. J’ai raconté mes peurs, mes joies, mes appréhensions et nos découvertes quotidiennes au fur et à mesure que se forme notre binôme : toi et moi, moi et toi.

Aujourd’hui, alors que tu dors du sommeil du Juste, je pense qu’il est temps de revenir sur ces changements, de les formaliser, de les coucher par écrit, en gardant en tête, sous forme de filigrane, cette interrogation majeure : « Qu’est-ce qui a donc vraiment changé pour moi, Cédric, jeune papa de 35 ans ? »

Pensées de Papa

Pourquoi vous ne verrez jamais (la tête de) mon fils en photo

Avant, c’était comme ça…

Je suis un enfant des années 80. Né en 1981, j’ai grandi en même temps que bon nombre de technologies. J’ai connu le Minitel, le répondeur, le walkman et les premières consoles de jeu portables, de la Game Boy à la Game Gear en passant par la Lynx.

Ce que j’ai connu aussi, et dont je garde un souvenir merveilleux, c’est le pouvoir magique des photos. A l’époque, la photo possédait un caractère quasiment sacré. Je me souviens de mes yeux rivés sur l’appareil de mon père et du petit bruit de déclencheur qui m’enchantait. Je me souviens – aussi – de l’attente exaspérante qui suivait le développement. Et, surtout, quel plaisir de découvrir enfin le résultat de nos poses, de sourires, de nos yeux tournés vers l’objectif !

Ma France

Se battre (pour toi)

Ce week-end, la France a voté et la France, par la voix de ses électeurs, a choisi de faire passer au second tour de l’élection présidentielle une candidate d’extrême-droite. En 2002, alors que tu n’étais encore qu’un très lointain projet, à peine effleuré et pas du tout programmé, la foule avait envahi les rues, criant sa colère, sa honte, son dégoût.

Le voyage en famille

Londres (with you)

Les voyages forment la jeunesse, dit le Proverbe. Mais, la jeunesse forme-t’elle les voyages ? En tout cas, alors que la barre des 24 mois n’est pas encore franchie, force m’est de constater, non sans une pointe de fierté, que Fils marche (et drôlement bien) sur mes pas. En effet, après Dijon, Toulouse, la Bretagne, le Pays Basque, l’Irlande du Nord et Venise, c’est à Londres qu’il m’a accompagné, pour un nouveau chouette voyage !

Pensées de Papa

Distributeur de bonheur

C’est une situation qui arrive souvent. Nous sommes dans un transport en commun quelconque : avion, bus, métro. Tu es assis sur mes genoux, sorti pour quelques minutes de ta poussette. Au début, tu observes. Puis, comme un pêcheur, tu lances ton filet dans la foule et tu regardes ce que tu as attrapé : un mouvement, un regard, des yeux curieux. Et c’est alors que tout commence…

Le papa et la grossesse

Car avant que tu ne naisses, je te parlais déjà.

Je ne sais pas comment les autres Papa ont vécu la grossesse de leur femme mais, pour moi, ce fut avant un immense point d’interrogation. Faute de pouvoir connaitre « pour de vrai » cela, en ma chair et en mon âme, je n’étais que questionnements, sourcils levés et grattages de tête incessants. Cependant, une chose bien précise m’a aidé à mieux comprendre et tout cela et, encore plus, m’a permis de communiquer avec toi, ô mon fils, avant que tu ne naisses : l’haptonomie !

Le voyage

L’Irlande du Nord (avec toi)

Nous sommes à l’aéroport de Belfast, dans l’attente d’embarquer. Je te tiens dans mes bras pendant que tu souris, gazouilles, tripotes. Tu regardes autour de toi et tu ne sembles pas gêné par toute cette agitation. Tour à tour imperturbable, charmeur, charmant, souriant, boudeur. Alors que tu viens de vivre ton premier voyage à l’étranger, ton premier roadtrip en voiture, tes premières vacances itinérantes en famille, il me semble que tu es déjà comme chez toi en Irlande du Nord !

Pensées de Papa

Parlez-vous Bébé ?

Ça commence un jour avec quelques babillements étranges. Des sons louches, aigus et distordus. Ça continue ensuite par des onomatopées, des sonorités bancales, tantôt joyeuses, tantôt interrogatives, tantôt pleurnichardes mais toujours pleine de vie. Ensuite vient le temps des constructions plus alambiquées, audacieuses, incertaines. Et toujours, au bout du compte, cette volonté unique : COMMUNIQUER !

Le voyage

Quoi que devienne ce monde, nous le verrons ensemble.

Je m’en souviens comme si c’était hier. Ce premier voyage en direction de la Bretagne. Blotti entre ta mère et moi, endormi la plupart du temps, tu étais terrifié par la voiture. Qu’est-ce que tu as pleuré, le temps de ces quelques kilomètres entre la Gare et la petite maison de tes grands-parents. Nous étions désemparés, surpris par la violence subite de ces cris, par leur intensité et leur force, toi que nous entendions si peu pleurer autrement. Voyager ensemble : c’était notre première fois.

Pensées de Papa

Bébé n’est plus, Petit Garçon s’en vient.

J’ai l’impression que c’était hier. Tout petit, il était blotti contre moi, fragile, délicat, menu. Ses yeux clos, ses poings serrés, je le tenais fort, encore tout étonné et remué par cette rencontre programmée neuf mois auparavant. Mon fils, ce petit bébé, était né la veille, et pendant cette première journée sur Terre, je découvre le bonheur du peau à peau et cette immense fierté teintée de peur qu’est la paternité et son appréhension.